Document de travail N°25 : Les dépenses publiques au Luxembourg : Everest ou Kneiff ?

© photo : Julien Mpia Massa

Les dépenses publiques au Luxembourg : Everest ou Kneiff ?

Dans un contexte de grande attention portée à l’état des finances publiques, l’étude permet d’éclairer le débat en répondant à des questions comme : Le Luxembourg dépense-t-il plus ou moins par habitant que ses voisins ? Comment mesurer le niveau de la dépense publique en tenant compte des spécificités du pays (présence des frontaliers, limites du PIB comme indicateur, …) ? Dans quelle mesure le niveau de richesse ou la petite taille peuvent-ils expliquer le niveau de certaines dépenses ? Quels sont les domaines dans lesquels le pays creuse l’écart avec ses voisins ? Comment se situe le Luxembourg en matière d’efficacité de la dépense publique dans certains domaines ?

Cette étude a été conduite par Muriel Bouchet, économiste, ancien Directeur et membre du Conseil Scientifique d’IDEA, dans le cadre d’une collaboration avec notre laboratoire d’idées.

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Document de travail N°25 : Les dépenses publiques au Luxembourg : Everest ou Kneiff ?

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Retour sur la conférence du Prof. Dr Paul Wilmes | The COVID-19 pandemic and the response by the scientific community in Luxembourg

Compte-rendu de Romain Penning, CDO Amis de l’Université du Luxembourg

Mercredi 17 novembre la Fondation Idea et les Amis de l’Université du Luxembourg ont invité leurs membres et sympathisants à la Chambre de Commerce pour une conférence du Prof. Dr Paul Wilmes, l’un des portes paroles de la COVID-19 Task Force[1] et chercheur au Luxembourg Centre for Systems Biomedicine de l’Université du Luxembourg.

La COVID-19 Task Force a été créée afin d’offrir au système de santé du pays l’expertise combinée disponible au sein de la recherche publique luxembourgeoise, soutenue par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Depuis sa création en mars 2020 son but principal est de permettre au Gouvernement et au Ministère de la Santé une prise de décision et un lancement rapide des projets à mettre en place pour faire face au mieux à la crise sanitaire.

Le témoignage du Professeur Wilmes fut l’occasion de se replonger dans les premiers jours de la pandémie, une période où l’incompréhension, l’inquiétude, voire la peur étaient au rendez-vous. Face à cette situation extrême, la COVID-19 Task Force a tout d’abord commencé, suites aux demandes prioritaires des ministères, à rassembler un maximum de bases de données auprès des organisations participantes. Un défi qui s’est avéré complexe étant donné que certains acteurs impliqués n’avaient jamais travaillé aussi étroitement ensemble jusqu’alors. Sur base de premières analyses et conclusions le Luxembourg a par la suite rapidement misé sur le Large-Scale Testing. Un outil « formidable » qui permettait aux chercheurs de faire les premières prédictions épidémiques, et d’accompagner la réouverture des écoles, des commerces et d’autres secteurs d’activité. Selon le Professeur Wilmes, d’autres paramètres de pilotage se sont également avérés très utiles pour la COVID-19 Task Force, comme la surveillance du SARS-CoV-2 dans les eaux usées et la détection des diverses souches de SARS-CoV-2 en circulation, les analyses d’impacts socio-économiques de la pandémie et bien entendu aussi l’infectiosité du virus, sans oublier le Large-Scale Testing combiné au Contact Tracing.

Selon le Professeur, il est désormais possible d’affirmer que la quasi-totalité des prévisions épidémiques faites par la Task Force COVID-19 étaient très proches de la réalité et qu’elles ont permis au gouvernement de limiter la durée des périodes de confinement au Luxembourg, notamment en comparaison internationale. Plusieurs études ont également montré que le taux de létalité (1,02%) est resté relativement faible au Luxembourg.

Le Professeur Wilmes a insisté sur le fait que ces résultats sont probablement le fruit d’une collaboration efficace entre les institutions universitaires et le gouvernement luxembourgeois.

Dans sa conclusion, le professeur Paul Wilmes a exprimé son entière satisfaction à l’égard de cette collaboration très fructueuse. Tous les acteurs impliqués ont su planifier et mettre en œuvre, dans un délai minimal, une toute nouvelle stratégie d’atténuation et, avec la population luxembourgeoise et frontalière, ils ont établi une routine efficace et fluide pour faire face à cette pandémie. Le défi actuel porte davantage sur l’efficacité et la couverture vaccinale, mais également sur les conséquences du COVID long, qui restent bien sûr à étudier. Pour ces raisons, le professeur a finalement appelé le gouvernement à communiquer encore davantage au grand public ce bilan tout à fait positif du COVID19 Task Force et de la coopération scientifique, car atteindre l’immunité collective doit plus que jamais être l’objectif premier pour faire face à cette pandémie.


[1] La COVID-19 Task Force regroupe au total les 7 institutions suivantes : LIH (Luxembourg Institute of Health), LISER (Luxembourg Institute of Socio-Economic Research), LIST (Luxembourg Institute of Science and Technology), LNS (Laboratoire National de Santé), Luxinnovation, l’Université du Luxembourg et le Fond National de la Recherche.

Retrouvez les photos de l’événement :

 

Pour télécharger la présentation du Prof. Dr Paul Wilmes  :

The COVID-19 pandemic and the response by the scientific community in Luxembourg

 

« Août of the box » : Réunion Gaichel et CIG, investir à l’étranger pour son propre potentiel de croissance !

Ce blog est issu de la série « Août of the box », réalisé en partenariat avec Paperjam

Au mois de juillet, deux rendez-vous importants pour les relations bilatérales avec la Belgique et la France ont été reportés : la réunion commune des gouvernements belge et luxembourgeois dite « Gaichel » et la conférence intergouvernementale franco-luxembourgeoise (CIG). Ces réunions qui permettent de faire le point sur les sujets d’actualité et les projets communs avec les Etats voisins ne sont pas exclusivement consacrées aux questions transfrontalières, mais les attentes en la matière sont en général très grandes pour les acteurs concernés.

Les thèmes à débattre ne manquent pas : mobilité, formation, télétravail, fiscalité, santé, sécurité, environnement… Les négociations sur la fiscalité appliquée aux frontaliers pendant les jours de télétravail figureront probablement à l’ordre du jour. L’idée parfois avancée dans le débat public luxembourgeois qui consisterait à demander aux Etats voisins de revoir les seuils d’exonération à la hausse sans compensation une fois la pandémie terminée n’est pas réaliste, dans la mesure où ces derniers ont fait preuve d’une forme de solidarité fiscale pendant cette période exceptionnelle (solidarité qui a sans nul doute été chiffrée par les services compétents depuis).

Pour autant, de nouveaux compromis « gagnant-gagnant » ne sont pas impossibles, ils permettraient même d’éviter que d’éventuelles contreparties ne soient vécues comme des concessions. Une manière intelligente (en plus d’être élégante, mais ce n’est pas le sujet) de renvoyer l’ascenseur aux pays voisins serait de reverser une partie de la fiscalité prélevée sur les télétravailleurs frontaliers dans des fonds de coopération bilatéraux qui seraient aussi alimentés par les autorités voisines. Avec ces fonds, il serait possible de lancer des appels à projets pour financer des infrastructures de mobilité, des projets de formation communs, des équipements sociaux, culturels, environnementaux… Ces projets pourraient indifféremment être développés du côté luxembourgeois ou étranger, l’important étant qu’ils aient une plus-value transfrontalière, c’est à dire qu’ils contribuent à renforcer la fluidité, la cohérence, l’attractivité et la durabilité du territoire transfrontalier pris dans son ensemble. Le « territoire économique et social » du Luxembourg dépasse d’une certaine manière ses frontières nationales, mais il est plus restreint que celui de la Grande Région, ce qui a pour conséquence qu’il n’existe toujours pas d’outils « politiques » adaptés : de tels fonds (un avec chaque pays voisin) seraient une excellente amorce.

Car il y a urgence à agir. Si certains phénomènes continuaient de s’amplifier au rythme actuel (distorsions sur le marché du logement, pénuries de personnel, congestion des infrastructures, etc.) cela pourrait représenter un réel risque pour l’économie luxembourgeoise. Une nouvelle phase doit donc s’ouvrir en matière de coopération transfrontalière. Il faudra notamment aller bien au-delà de la logique de « saupoudrage » (financement au compte-goutte de projets -uniquement dans la mobilité-) et de celle de « compensation » (transferts financiers aux communes voisines sans visibilité sur leur objet et sans évaluation) pour entrer progressivement dans une logique de vision et de construction communes, comme cela se pratique déjà depuis des années dans le Grand Genève (certes sans fonds de codéveloppement, mais avec des outils de gouvernance et de financement bien plus avancés que ceux en place ici). Définir ensemble une vision, une stratégie d’aménagement du territoire avec des priorités partagées, mettre des moyens en commun pour y parvenir ainsi qu’un mécanisme de sélection de projets… cela n’est pas vraiment une idée « out of the box » !

Certes, il faudra du temps, du courage politique et un effort d’organisation, mais il faut bien se rendre à l’évidence que dans ce domaine le Luxembourg en tant qu’Etat a davantage d’intérêts communs avec les régions voisines qu’avec les Etats centraux auxquels elles appartiennent.