Document de travail N°37 – Elargir la fenêtre d’Overton : Six actions pour sortir la politique du logement de ses automatismes !

Face à l’alourdissement continu du poids de la dépense logement dans le budget des ménages et aux difficultés croissantes rencontrées par les acteurs (entreprises de construction, promoteurs, etc.) de la chaîne du logement, les propositions destinées à « relancer le marché immobilier » et à « résoudre la crise du logement » se multiplient. Les plus fréquemment avancées s’articulent généralement autour de trois grandes orientations :

  • Soutenir le pouvoir d’achat immobilier des propriétaires-occupants et des investisseurs locatifs en augmentant les dépenses fiscales (amortissement accéléré, tva-logement, Bëllegen-Akt, etc.) avec le double objectif d’améliorer l’accès au logement et d’augmenter le nombre de logements construits[1] ;
  • Simplifier les procédures afin de permettre un choc d’offre à la hauteur des besoins projetés (environ 6.000 logements / an)[2] ;
  • Réformer les impôts fonciers afin de « contrecarrer la spéculation immobilière et d’inciter les propriétaires à mobiliser leurs terrains et à mettre leurs logements existants à disposition sur le marché locatif[3] ».

Il s’avère qu’il est difficilement justifiable d’accroître sensiblement des dépenses fiscales en faveur du logement déjà importantes[4], très compliqué[5] de parvenir véritablement à simplifier[6] et établi que la réforme de la fiscalité foncière, même dans sa version maximaliste, n’est pas la panacée.

Dès lors, il convient de compléter ce triptyque (aides fiscales à l’accession à la propriété, simplification administrative, impôts fonciers) relativement convenu par d’autres éléments qui pourraient utilement rejoindre la boîte à outils de la politique du logement et contribuer à ouvrir son champ des possibles.

Action n°1 — Augmenter la demande effective
Action n°2 — Flexi-sécuriser les rapports locatifs
Action n°3 — Produire du logement sans consommer davantage de foncier
Action n°4 — Promouvoir de nouvelles formes de propriété
Action n°5 — Contractualiser avec les communes
Action n°6 — Lever les freins à la mise à disposition de logements aux salariés par leurs employeurs

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[1] Voir à ce sujet : https://logement.public.lu/dam-assets/documents/actualites/2026/07/17-mesures-logement/booster-fir-de-wunnengsbau.pdf.

[2] Voir à ce sujet : https://gouvernement.lu/fr/actualites/toutes_actualites.gouvernement2024%2Bfr%2Bactualites%2Btoutes_actualites%2Bcommuniques%2B2024%2B06-juin%2B19-gloden-meisch-wilmes.html.

[3] Voir à ce sujet : https://mfin.gouvernement.lu/fr/dossiers.gouv2024_maint%2Bfr%2Bdossiers%2B2022%2Bimpot-foncier.html.

[4] Voir à ce sujet : IMF (2014), Luxembourg : Selected Issues.

[5] Voir à ce sujet : https://www.wort.lu/politik/ein-frommer-wunsch-die-administrative-vereinfachung/159937717.html

[6] Voir à ce sujet : Projet de loi 7139 portant modification de la loi modifiée du 19 juillet 2004 concernant l’aménagement communal et le développement urbain.


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Document de Travail N°37 - Elargir la fenêtre d’Overton : Six actions pour sortir la politique du logement de ses automatismes !

Pour en finir avec la « Crise » du logement – Retour sur le Débat de Midi d’IDEA

Ce 19 mai 2025, à l’occasion du deuxième Débat de Midi d’IDEA, Michel-Edouard Ruben s’est attaqué à une question ancienne et jusque-là irrésolue : comment en finir avec la « crise » du logement ?

Réponse : Le mot « crise », emprunté du latin crisis, étant supposé se rapporter à des évènements limités dans le temps et ne pas être employé pour parler de phénomènes durables, continuer à l’utiliser pour désigner les problèmes liés au logement au Luxembourg est inapproprié. Puisque « mal nommer les choses, c’est rajouter au malheur du monde », il convient de délaisser l’expression « crise du logement » pour lui préférer celle, plus juste, de « perma-crise du logement ».

L’oxymore qu’est « perma-crise » a ainsi le mérite de mieux définir la situation en présence : des difficultés d’accès au logement et un sous-dimensionnement chronique de l’offre qui existent depuis longtemps et qui, hélas, ne seront pas résolus dans un horizon prévisible (cf. Arrêté grand-ducal du 27 avril 1921 sur la crise du logement et Interpellation du 27 novembre 2023 sur les mesures pour contrer la crise du logement).

Toutefois, qu’un nid de problèmes soit sans solution n’étant pas une raison pour laisser tomber et ne rien faire, il a avancé, avant un échange riche avec le public, une série de propositions concrètes :

  • Réactiver la Commission du bâtiment ;
  • Associer les partenaires sociaux à l’effort national de production de logements ;
  • Rendre la fiscalité immobilière plus cohérente ;
  • Encadrer autrement les relations entre bailleurs et locataires.

Un Débat de Midi instructif qui a réuni de nombreux acteurs du secteur !

Décryptage N°54 : La perma-crise du logement ou l’inacceptable comme norme !

Il existe des crises que l’action publique finit par circonscrire. Et puis il y a celles qui, à force d’être admi-nistrées sans être résolues, se transforment en cadre permanent. De toute évidence, la perma-crise du logement que connaît le Luxembourg appartient à la seconde catégorie.

À l’aveuglette

À l’aveuglette

Au Luxembourg, ni l’étendue du stock de logements, ni le nombre de logements vacants, ni même le nombre de logements construits depuis 2021 ne sont vraiment connus. 

Hélas, les zones d’ombre ne se limitent pas qu’à cela. De nombreux autres indicateurs, pourtant essentiels à la compréhension de la crise immobilière et à la conduite de la politique du logement, demeurent insuffisamment documentés. 

Combien de bailleurs n’hésitent pas à profiter de la surchauffe du marché locatif pour exiger des loyers dépassant le cadre (5% du capital investi) fixé par la loi sur le bail à usage d’habitation ? Personne ne le sait !  

Quel est le coût budgétaire des déductions fiscales accordées aux investisseurs locatifs ? Il est impossible de répondre à cette question « notamment parce que le contenu de l’annexe 190 (relative aux revenus de la location de propriétés bâties) n’est pas digitalisé » indiquait la Directrice de l’ACD en 2022. 

Un document publié en juin 2024 par des chercheurs du LISER et de l’Université du Luxembourg regrettait que la répartition exacte des ménages entre propriétaires et locataires ne pouvait être établie car de trop nombreux ménages n’avaient pas (correctement) répondu au questionnaire du recensement de la population. 

Jusqu’au potentiel de construction de logements reste sujet à conjecture. L’objectif régulièrement avancé d’achever 6.000 logements par an correspondrait ainsi davantage à un souhait politique qu’à une prévision crédible. 

Ce regrettable flou statistique concernant des données qui pourraient être utiles à la politique du Logement avait été explicitement reconnu en 2023 lors d’un échange entre Mars Di Bartolomeo et Henri Kox. 

Le Député du LSAP avait demandé au ministre du Logement d’alors s’il n’estimait pas que le phénomène des flux migratoires de ressortissants luxembourgeois vers les régions frontalières allemandes, françaises et belges mériterait une analyse statistique approfondie. En plus de lui répondre que oui, le ministre avait avancé 30 autres questions (e.g. la part de la rente foncière dans le développement des prix de l’immobilier, l’évolution des caractéristiques socio-économiques des primo-acquéreurs, les raisons de la faiblesse du taux de recours à la subvention de loyer) pour lesquelles des réponses pertinentes faisaient défaut.  

Que l’État ignore à ce point des réalités qu’il prétend réguler et piloter fragilise nécessairement sa crédibilité. Aussi, en plus de subir la crise du logement, il risque de l’entretenir à devoir naviguer à vue …  

Document de travail N°26 : Économie immobilière et politique(s) du logement : État des lieux, questions majeures et perspectives !

© photo : Julien Mpia Massa

Économie immobilière et politique(s) du logement : État des lieux, questions majeures et perspectives !

Cette publication propose aux lecteurs désireux de se forger une opinion éclairée une vue d’ensemble sur, et des réponses à, certaines questions en lien avec l’économie immobilière et les politiques du logement :

  • Où en est le marché immobilier luxembourgeois ?
  • Pourquoi les prix immobiliers sont-ils aussi élevés au Luxembourg ?
  • Comment expliquer la persistance à un si haut niveau (70%) du taux de propriétaires ?
  • Les promoteurs privés sont-ils « méchants » ?
  • « Aider » les investisseurs locatifs : est-ce du gâchis ?
  • Et si l’État (re)expropriait ?

Aussi, elle rappelle – en filigrane – que conduire une politique du logement/veiller à ce que toute personne puisse disposer d’un logement approprié, dans un petit pays riche à démographie particulièrement dynamique, est un art – constamment – difficile.

Sources : Observatoire de l’habitat, calculs de l’auteur

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