Document de travail N°39 – Financer la base industrielle et technologique de défense luxembourgeoise

Le renforcement de la base industrielle et technologique de défense luxembourgeoise (BITDL) constitue l’un des piliers de la stratégie nationale de défense. Alors que les dépenses de défense du Luxembourg devraient passer de 464 millions d’euros en 2021 à près de 1,66 milliard d’euros en 2029, dans un marché européen pesant déjà 454 milliards d’euros en 2026, le défi est d’accompagner à la fois les projets des acteurs déjà implantés et de favoriser l’émergence, l’attraction et la croissance de start-ups innovantes. Dans cette perspective, le développement de la BITDL gagnerait à dépasser la seule réponse aux besoins capacitaires nationaux pour viser la construction d’une filière industrielle performante à l’échelle européenne. La BITDL regroupe 122 acteurs actifs dans des domaines tels que l’espace, la cybersécurité, les matériaux avancés ou les systèmes autonomes.

Afin de soutenir cette ambition, le Luxembourg dispose d’un écosystème général de financement de l’innovation, couvrant l’ensemble du cycle entrepreneurial grâce aux aides à la R&D, aux programmes du FNR, à Fit4Start ou encore au Luxembourg Future Fund. En parallèle, un écosystème dédié à la défense s’est structuré très récemment autour du Fonds national de défense doté de 150 millions d’euros, des appels à projets de R&D défense et de partenariats stratégiques entre des industriels et l’administration de la défense, en particulier dans le domaine des satellites. Ces dispositifs complètent les instruments européens et otaniens et permettent désormais d’accompagner les entreprises de défense depuis la phase de recherche jusqu’à leur changement d’échelle.

Les initiatives récemment mises en place témoignent d’une volonté affirmée de soutenir l’essor de la BITDL, sans garantir pour autant qu’elles suffiront à accompagner son changement d’échelle. Le Document de travail « Financer la base industrielle et technologique de défense luxembourgeoise » suggère plusieurs pistes à importer d’autres Etats européens pour élargir les capacités de financement de la BITDL.

  • Attirer des co-investisseurs privés au sein d’un fonds défense, ce qui, comme dans le cas français, renforcerait l’écosystème de financement de la BITDL.
  • Créer un fonds ouvert aux particuliers afin de mobiliser l’épargne privée au profit des entreprises de défense.
  • Se rapprocher du Defence Angels European Network (DAEN) pour favoriser les opportunités de financements par des business angels et d’investissements dans des start-ups européennes.
  • Cofinancer des dépenses engagées par des entreprises participant à des consortiums du Fonds européen de la défense comme le fait Business Finland, ce qui soutiendrait la participation des PME et start-ups luxembourgeoises aux programmes technologiques européens.
  • Développer une approche mission de financement des différentes étapes d’innovation, de développement et de maturation d’une solution militaire en s’inspirant du modèle néerlandais.
  • Instaurer des prêts garantis par l’État pour dérisquer auprès des banques commerciales des investissements nécessaires au développement d’activités militaires et duales, un dispositif de la banque publique de développement polonaise.
  • Conclure des accords d’achats réciproques avec d’autres États membres comme le revendiquent la France et la Suède.
  • Étudier les besoins et possibles difficultés de financement des acteurs de la BITDL et évaluer les mesures récemment créées et à venir.

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Document de travail N°39 - Financer la base industrielle et technologique de défense luxembourgeoise

Décryptage N°45 : Les jeunes s’activent !

© photo : Pexels, Monstera Production

Cet article a été rédigé pour Entreprises Magazine – Juillet/Août 2025 :

 

La hausse de l’activité des jeunes de 15 à 24 ans est plus marquée au Luxembourg que dans l’ensemble de la zone euro. Pourtant, ces 5 dernières années, le pays a connu une forte progression du taux de participation de la population à l’enseignement supérieur, ce qui peut sembler paradoxal. En effet, intuitivement, une hausse du niveau (et du temps) d’études de la population conduirait plutôt à un retrait des jeunes du marché du travail. Comment ce phénomène contre-intuitif pourrait-il s’expliquer ?

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Décryptage N°43 : De quelques enjeux de la transition bas-carbone au Luxembourg

© photo : Pixabay

Engagé sur la voie d’une transition bas-carbone, le Grand-Duché accumule les objectifs chiffrés et les plans stratégiques de réduction des émissions carbone. Mais derrière ce projet de préservation de l’environnement, de décarbonation des activités et de transition énergétique se profilent des mécaniques – budgétaires et socio-économiques – complexes : pressions sur la compétitivité, réallocation des ressources, greenflation, dépendance aux sentiers fossiles, effets (négatifs) sur les finances publiques, tentation d’être passager clandestin, etc. En somme, la transition ne sera pas un « dîner de gala » !

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Le télétravail transfrontalier, 5 ans après la pandémie

Décryptage N°42 : Le marché du travail verdit

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Au Luxembourg, les emplois liés aux biens et aux services environnementaux[1] ont augmenté depuis 2015, atteignant ainsi une part de 5,7% de l’emploi total en 2022, soit un chiffre bien au-dessus du niveau européen (2,7%). Mais avec le ralentissement de l’emploi total intérieur ces deux dernières années, le Luxembourg devra faire face à de nouveaux défis pour poursuivre sa transition vers une économie plus verte.

[1] Les emplois liés aux biens et aux services environnementaux englobent tous les emplois liés à la protection de l’environnement (classification CEPA, par exemple activités de protection de l’air ambiant et du climat, de gestion des déchets, ou des eaux usées) et les emplois liés à la gestion des ressources naturelles (classification CReMA, par exemple la gestion des zones forestières, production d’énergie renouvelable, economie et gestion de la chaleur et énergie ou encore la minimisation de l’utilisation des minéraux). Pour faciliter l’écriture et la lecture de cette analyse, le terme « emplois liés aux biens et aux services environnementaux » va être remplacé par les termes d’« emplois verts » ou « emplois liés à l’environnement ».

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Le télétravail transfrontalier, 5 ans après la pandémie

Décryptage N°16: Comprendre l’intelligence économique

IDEA tient à remercier Madame Sara Bouchon et Monsieur Niels Dickens qui ont accepté d’échanger leurs connaissances et leurs points de vue dans le cadre de l’élaboration de ce Décryptage. 

L’intelligence économique n’est pas une forme d’espionnage industriel. Son utilisation est même fortement recommandée par de nombreuses études pour renforcer la compétitivité et la résilience des entreprises. Qu’est-ce que l’intelligence économique ? Pourquoi le Luxembourg devrait en faire un usage accru et quels systèmes d’intelligence économique sont utilisés dans d’autres pays ?