De l’actuel ministre du Logement Claude Meisch (DP) au Député Gary Diderich (dei lénk), nombreux sont ceux qui dénoncent les (multi)propriétaires qui spéculent, à savoir font de l’argent, en laissant des logements vides.
Au-delà du fait qu’il ne soit pas immédiatement évident de comprendre comment s’y prennent ceux qui parviennent à gagner de l’argent en laissant un logement inoccupé, l’attentif aura remarqué que les estimations – à l’aveuglette ? – concernant le nombre de logements qui sont inoccupés au Luxembourg vont du simple (10.000 selon le ministre du Logement)[1] au double (20.000 selon le futur député Gary Diderich).
Les registres national et communaux des bâtiments et des logements qui feront office de « juge de paix » concernant le stock de logements n’existant pas encore, la statistique la plus « officielle » s’agissant du nombre de logements vacants dans le pays se trouve dans le projet de loi (déposé en 2022) sur l’impôt foncier, l’impôt à la mobilisation de terrains et l’impôt sur la non-occupation de logements qui indique (p. 124) qu’il existait 15.300 logements inoccupés au Grand-Duché en 2021.
En accompagnement de cette estimation, il était rappelé, à raison, qu’un certain nombre de logements vacants – constituant une réserve de mobilité – est nécessaire pour la bonne tenue du marché immobilier[2] et que tous les logements inoccupés ne correspondent pas nécessairement à des logements disponibles car certains sont insalubres et que d’autres font l’objet de travaux, sont disputés (e.g. succession, divorce) ou sont simplement en attente d’être vendus !
Le projet de loi retenait ainsi que seulement 30% des 15.300 logements susmentionnés seraient soumis à l’impôt sur la non-occupation de logements.
Source : CHD
Alors que – selon le STATEC – le nombre de ménages qui résident dans le pays est passé de 250.000 à 265.000 entre 2021 et 2025 et qu’il est hautement probable que moins de 15.000 nouveaux logements ont été construits au Luxembourg depuis 2021, considérer que le Luxembourg disposerait actuellement d’un important réservoir de logements vacants relève d’une croyance qui défie quelque peu le bon sens ! La réalité n’est pas que le Grand-Duché regorge de logements inoccupés, mais qu’il est confronté à un problème de logements manquants !
[1] N.B. La chambre de commerce avance le chiffre de 9.000 logements vacants dans son avis sur le projet de budget de l’Etat 2026.
[2] N.B. Les déménagements – qu’ils soient le fait de ménages habitant dans le pays ou de nouveaux arrivants de l’étranger – ne peuvent se faire qui si un certain nombre de logements sont inoccupés.





