Le Tableau de bord économique et social d’IDEA offre deux nouveaux indicateurs permettant de mieux appréhender la situation du Luxembourg dans le contexte actuel : la décomposition de l’indice des prix à la consommation selon 4 grandes catégories (énergie, alimentation, services et biens industriels) et les encours des crédits aux entreprises non financières luxembourgeoises.

L’ombre d’un doute

Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine le 24 février dernier, la principale conséquence dans le paysage conjoncturel luxembourgeois est l’accélération de l’inflation. Mais les effets potentiels du prolongement de la guerre, l’installation de la dynamique inflationniste et l’environnement de hausse des taux font planer un doute sur le scénario économique et social pour la deuxième moitié de 2022.

Au 1er trimestre, le PIB a marqué une progression de 1,2% (+4% en glissement annuel), plaçant l’acquis de croissance pour 2022 à 2,7%. Les comptes nationaux montrent une hausse du solde extérieur du pays (+10,5%) et de la consommation intérieure (+1%), mais un recul de l’investissement (-6,2%) par rapport au trimestre précédent. Le STATEC a présenté trois scénarios d’évolution du PIB pour 2022, allant d’une récession de -1,1% à un scénario central à +2%.

Les principaux indicateurs d’activité restent orientés favorablement dans la construction et les services non-financiers. Ils sont repartis à la hausse dans l’industrie, mais marquent légèrement le pas dans le commerce. Le niveau des faillites et des liquidations judiciaires est en baisse. Les actifs des fonds luxembourgeois sont en recul depuis le début de l’année en raison de la situation dégradée des marchés financiers qui affecte la place financière. Sur les 4 premiers mois de l’année, le total des nouveaux crédits octroyés aux sociétés non financières par les banques luxembourgeoises ainsi que le total de l’encours de crédit des entreprises luxembourgeoises sont en baisse.

Le marché du travail reste très dynamique. 5.319 emplois salariés supplémentaires ont été créés sur les 4 premiers mois de l’année, dont 60% concernent des frontaliers. Le chômage continue de reculer et s’établit à 4,7% en avril, son niveau le plus bas depuis décembre 2008 et le stock d’offre d’emplois disponibles déclarés à l’ADEM continue de battre des records (12.684 postes).

L’inflation et ses composantes

La hausse des prix à la consommation s’est accélérée depuis février et atteint 6,8% sur un an au mois de mai. Depuis le début de l’année, la composante énergétique explique 38% de l’inflation. Les services contribuent désormais à hauteur de 30%, suivis des biens industriels (19%) et de l’alimentation (13%). Les anticipations de prix de vente pour les mois à venir sont fortement orientées à la hausse, laissant présager une poursuite de la tendance. Dans les différents scénarios proposés par le STATEC, l’inflation annuelle se situerait autour de 6%.

 Source : STATEC, Calculs IDEA

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