Statu Quo en attendant les vaccins

En 2020, l’économie luxembourgeoise a mieux résisté à la pandémie que la moyenne européenne avec une baisse du PIB limitée à -1,3% selon les premières estimations, contre un plongeon de 6,6% du PIB de la zone euro, et un 4ème trimestre finalement positif (+1,6%) malgré les mesures prises pour tenter de contenir la deuxième vague de contaminations au mois de novembre. La « bonne fortune » luxembourgeoise s’expliquerait en partie par ses spécialisations économiques, mais aussi et surtout par une « surperformance » dans le secteur non-marchand, les TIC, les services aux entreprises et le commerce, en comparaison européenne.

Il n’en demeure pas moins que le flou persiste sur les conditions de la reprise. Alors que le consensus économique d’IDEA de février tablait sur une levée progressive des principales restrictions sanitaires entre le 2ème et le 3ème trimestre de cette année, les récentes poussées épidémiques alimentées par les variants du virus ainsi que la vaccination poussive (13,8% des habitants ont bénéficié d’au moins une première dose au 6 avril) tendent à accréditer le scénario d’un premier semestre encore largement sous cloche sanitaire.

Dès lors, le sentiment de « statu quo » ressort des secteurs principalement concernés par ces mesures de précaution. Les indicateurs d’activité dans le secteur du commerce et des services non-financiers restent en territoire négatif en mars et laissent augurer une baisse de l’emploi. Pour le mois d’avril, 31.520 salariés (en équivalent temps plein) bénéficieraient toujours du chômage partiel. Enfin, le moral des consommateurs reste négatif et dénote un manque de confiance à l’égard de la situation économique générale de l’année à venir, alimentant la propension à épargner.

Mais des signaux positifs apparaissent également dans ce Tableau de bord. L’industrie et la place financière (les fonds en particulier) montrent des niveaux d’activité en progression, les finances publiques de l’administration centrale se sont redressées en janvier-février (+3,8% de recettes par rapport à 2020), l’emploi continue de progresser (+567 postes en février) et le taux de chômage est resté stable (6,3%).

[Zoom] Reprise : la grande divergence

Si la récession a été plus marquée dans la zone euro (-6,6%) qu’aux Etats-Unis (-3,5%), ces derniers devraient connaître une reprise plus vigoureuse.

Dans son dernier World Economic Outlook, le FMI, qui a révisé ses prévisions à la hausse, projette en effet une croissance américaine de 6,4% en 2021 et de 3,5% en 2022, sous l’effet combiné de la vaccination qui s’accélère et des plans de relance annoncés par l’administration Biden. L’économie de la zone euro ne progresserait quant à elle que de 4,4% en 2021 et de 3,8% en 2022, année à laquelle elle retrouverait son PIB d’avant crise. Après une croissance de 2,3% en 2020, le FMI estime que l’économie chinoise devrait croître de 8,4% en 2021 et de 5,6% en 2022.

Alors que les divergences sont légion au sein même de la zone euro et que le plan de relance de l’UE n’est pas encore concrétisé, le vieux continent risque de se faire distancer par les blocs chinois et américain.

Pour télécharger le Tableau de bord :

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