Franz Fayot est député (LSAP) depuis 2013.

La disruption du monde du travail à l’aube de la troisième révolution industrielle est assurément l’un des enjeux majeurs auxquels devra faire face le personnel politique, au Luxembourg et ailleurs, dans les mois et années à venir. La peur des destructions massives d’emplois, la crainte d’une précarisation des travailleurs les moins formés, le questionnement sur la compétitivité et la créativité de nos entrepreneurs – tout cela constitue un cocktail explosif qu’il est important de prendre au sérieux. D’autant plus que l’année 2016 a montré que le fonctionnement de nos démocraties est lui-même exposé à la disruption par des démagogues qui parviennent désormais à gagner des élections en proposant de fausses solutions simples et radicales aux perdants de la globalisation : la Grande-Bretagne lutte avec un Brexit qui s’annonce compliqué, et la présidence de Donald Trump est une attaque quotidienne contre l’Etat de droit américain, qui se produit sous les yeux incrédules et terrifiés du monde entier. Le fonds de commerce de ce populisme radical étant la peur, et quoi de plus angoissant que la peur de l’avenir, il faut formuler une réponse politique satisfaisante à ces défis, si on veut éviter que la disruption technologique contribue à aggraver la disruption démocratique.

Pourtant, à ces disruptions du monde du travail induites par les nouvelles technologies[1], les schémas de pensée politiques et sociétaux sont, eux, encore bien ancrés dans la deuxième révolution industrielle. Pour preuve, la mini polémique suite à la déclaration du Vice-Premier ministre luxembourgeois sur le temps du travail au pot de Nouvel An du LSAP. Une invitation à la discussion sur le temps de travail tourne vite, chez nous, à un quasi pugilat politique, les protagonistes prenant position selon des lignes de démarcation – des tranchées presque – classiques et bien définies. On continue à penser seulement en contrats de travail, à durée indéterminée si possible, en semaines de 40 heures ou “35 heures à la française”, à l’âge de départ à la retraite à 65 ans.

Ce non-débat est révélateur d’une crispation face au changement. Tout le monde – patronat, syndicats, politiques – est d’accord d’y réfléchir “ensemble” ou “dans sa globalité” (voir l’article “Arbeitszeit als Politikum”, dans le Wort du 13 février 2017), mais personne n’est prêt à remettre en question ses acquis et schémas de pensée, encore moins de proposer des pistes de réforme concrètes. Les initiatives politiques comme celle du “revenu universel” empruntée au rapport sur la robotique de Mady Delvaux[2] et proposition-phare de Benoît Hamon en France, sont reçues avec scepticisme – mais au moins elles suscitent le débat. La discussion est déjà plus avancée en Allemagne, où le ministère de l’économie et de l’énergie et le ministère de l’éducation et de la recherche ont mis sur pied la plateforme “Industrie 4.0” pour définir le cadre du travail de l’avenir pour l’industrie allemande[3]. Au Luxembourg aussi, le ministère du travail va lancer dans les prochains mois une réflexion sur l’organisation future du travail, comme l’a annoncé Nicolas Schmit lors du récent échange à la Chambre des Députés sur l’étude Rifkin le 6 février 2017. Dans ce contexte de pré-débat crispé, la note de Michel-Edouard Ruben est un apport important à la discussion sur le monde du travail de l’avenir, avec des pistes de réflexion intéressantes dont la politique ferait bien de s’inspirer.

Qu’on exagère peut-être l’ampleur de la “disruption” du monde du travail est possible, voire probable, et M.-E. Ruben montre que l’emploi salarié est toujours, et de manière très claire, le modèle dominant avec une proportion faible d’emplois non-salariés (page 9 de la note). Ce n’est sans doute pas la moindre explication à la relative inertie du monde politique, syndical et patronal face à la “disruption numérique” : l’urgence à l’action n’est tout simplement pas encore donnée.

Aussi, l’histoire montre-t-elle que chaque révolution industrielle s’accompagne de peurs similaires de destruction de l’emploi liées à l’émergence des nouvelles technologies: rappelons le “Luddisme” au Royaume-Uni au XIXe siècle, ainsi que les “Maschinenstürmer”, qui s’attaquaient aux machines de tissage mécaniques en réaction à l’aggravation de leur statut social. Est-ce qu’un sort similaire attendra, demain, les robots?

Quelle que soit, au final, l’envergure de l’effet de la Troisième Révolution Industrielle sur le travail, ne pas en discuter, ne pas y réfléchir, ensemble, serait irresponsable à l’égard des générations futures, car, comme le souligne l’auteur de la note Idea, ce n’est pas que la manière de travailler qui en dépend, mais aussi notre système de pensions et de sécurité sociale.

Trois enjeux me semblent primordiaux dans ce débat: l’éducation (1.), la question du vivre-ensemble (2.) et la marge de manoeuvre dans un monde globalisé (3.).

  1. Education et emplois du futur

Comme le remarque M.-E. Ruben dans sa note, la transition vers une économie numérique implique qu'”apparaissent sans cesse de nouveaux besoins en compétences, et que dans l’état actuel de nos connaissances il est tout simplement impossible de “savoir” quels seront les emplois de demain” (Note, p.12 et l’encadré p.13).

Il est ainsi devenu un lieu commun de dire, au sujet de nos enfants qui sont actuellement scolarisés au fondamental et au secondaire, qu’ils sont formés à des métiers qui n’existent pas encore. Ce discours séduit d’ailleurs les jeunes, comme le montre l’exemple du Lycée Aline Mayrisch, qui ambitionne de former les jeunes aux nouvelles technologies et de leur donner les moyens d’évoluer dans le monde du travail de demain. Il est probable aussi que les jeunes auront des carrières très différentes de celles de leurs grands-parents et parents et changeront plus souvent d’employeur, voire alterneront entre emplois salariés et non-salariés. Ces tendances sont déjà perceptibles aujourd’hui et s’accentueront encore si le pari du Luxembourg de construire un modèle économique faisant la part belle aux nouvelles technologies réussit.

Toutes ces adaptations requièrent un modèle éducatif qui saura donner les outils aux jeunes afin de s’adapter et de se former continuellement tout au long de leur vie, à rester curieux, à être entrepreneurs et créatifs.

Mais les dernières années, voire décennies, ont montré qu’il est difficile de réformer notre système éducatif pour l’adapter à des exigences nouvelles . Certes, il faut toujours assurer les fondamentaux et encourager l’effort, mais aussi tenir compte des talents individuels, des barrières socio-culturelles. L’appareil de l’éducation nationale, de plus en plus complexe, a besoin de s’adapter aux conditions nouvelles de la société et de l’activité économique.

Cependant, toute velléité politique à introduire une éducation plus individualisée, à réformer l’enseignement des langues, à revoir la transmission des savoirs et donc aussi la relation entre maître et élève rencontre tout de suite de l’hostilité et la réticence à changer quoi que ce soit à des traditions bien établies.

S’il ne faut pas jeter le bébé avec le bain, il est des signes qui ne trompent pas, tels nos mauvais résultats aux évaluations PISA, le fait que notre enseignement discrimine les lusophones et francophones, surtout de milieux défavorisés, à cause aussi d’un multilinguisme qui n’est pas à la portée de tous les enfants.

Il y a eu certes au fil des années des adaptations et des réformes qui ont fait bouger l’enseignement à tous les niveaux, l’ont ouvert et démocratisé dans une certaine mesure.

Dans une question parlementaire du 4 mai 2016 j’avais demandé au Ministre de l’Education comment le Luxembourg se positionnait par rapport à ce qu’un expert avait qualifié de “révolution éducative”, ces tendances lourdes[4] qui se dessinent de par le monde et qui, pour certaines du moins, caractériseront sans doute, demain, les meilleurs systèmes d’éducation.

La réponse ministérielle, qui insistait sur la réflexion de longue date au MENJE sur le sujet de la modernisation de l’éducation, se déclinait en quatre parties :

  1. L’autonomie des lycées comme garante de l’innovation et de l’esprit d’initiative.
  2. L’élaboration de cadres de référence pour les points-clés du développement scolaire.
  3. La promotion des talents en flexibilisant l’offre scolaire afin de faire face à la diversité des élèves.
  4. Le ministère fait entrer l’École dans l’ère du numérique par sa stratégie Digital(4)Education

Finalement, la réponse indiquait que le ministère était en train de procéder à un état des lieux, de janvier à décembre 2016, pour “apprécier sur place la diversité des lycées qui s’adaptent aux profils de leurs élèves, pour connaître la force innovatrice des lycées, leurs projets, leurs aspirations, leurs visions, leurs préoccupations, pour aller à la rencontre des acteurs scolaires et valoriser les initiatives et les projets initiés, mais surtout pour connaître les défis auxquels les lycées sont confrontés, les solutions qu’ils proposent.”

Il s’agit d’une réponse certes encourageante, mais partiellement seulement, car elle se concentre sur les lycées et occulte très largement la problématique de l’école fondamentale, et ne parle pas du tout de l’épineux problème de la formation professionnelle. Aussi est-il permis de douter que les “solutions” avancées représentent le véritable changement d’axiome qu’il faudrait à notre système éducatif d’être plus performant et plus adapté aux besoins d’une école du XXIe siècle.

L’éducation est la clé de voûte d’une transition réussie vers la troisième révolution industrielle et à l’adaptation au nouveau travail qui attendra nos enfants et petits-enfants.

  1. Numérisation, robotisation et vivre-ensemble

La robotisation, l’intelligence artificielle et la numérisation ont un réel potentiel de destruction d’emplois, surtout pour les travailleurs peu qualifiés. Ainsi, selon les prédictions les plus pessimistes, la troisième révolution industrielle pourrait encore aggraver les inégalités dans nos sociétés et accélérer la concentration du seul moyen de production encore relevant, le capital, entre les mains de quelques super-capitalistes[5]. Penser que les travailleurs rendus redondants par les robots pourront tous être réaffectés au moyen d’une formation professionnelle adéquate relèverait de l’utopie.

La numérisation, l’intelligence artificielle, les robots ne doivent pas être considérés comme des lois naturelles, comme une vague à laquelle on ne saurait échapper. Il appartient au contraire à la politique d’encadrer, par des règles fiscales, sociales, juridiques, ces outils et moyens de communication. Il faudra que la politique décide dans quels domaines il est désirable de confier le travail à des robots, et dans quels secteurs il est au contraire impératif que les humains fassent le travail. L’intervention publique ainsi décrite ne sera pas facile à concevoir ni à exécuter, car il faut éviter de brider la créativité technique tout en imposant des objectifs sociaux et en veillant à sauvegarder une dimension humaine dans le progrès technique. Dès aujourd’hui, il apparaît que la numérisation est source d’incroyables dérives que les entreprises n’arrivent pas à endiguer et que les Etats trouvent de plus en plus de mal à réguler. Mais il apparaît aussi que cette régulation sérieuse, accompagnée de sanctions strictes, est indispensable pour sauvegarder les libertés publiques, la démocratie et l’intégrité de l’homme.

Après la libre circulation des capitaux, le libre emploi des robots et de l’intelligence artificielle présente ce vrai danger d’être une nouvelle étape, peut-être le stade ultime, d’un capitalisme débridé qui d’ores et déjà met à mal nos démocraties. Les politiques, surtout les socialistes et sociaux-démocrates, ne devront pas refaire l’erreur de considérer cette nouvelle évolution du libre marché comme une loi naturelle à laquelle ils ne peuvent rien opposer – au risque de se rendre définitivement redondants.

Se posera aussi la question du vivre-ensemble dans nos sociétés, demain. Déjà, la nouvelle génération montre qu’elle n’adhère plus au modèle des parents: travailler dur, tous les jours, pour pouvoir se payer une maison, 4 vacances par année, 2 voitures. L’axiome fondateur des dernières générations, et en particulier celle des baby-boomers selon lequel les enfants devront avoir un avenir meilleur que celui de leurs parents, est mis à mal: il est plus probable que les enfants, pour la première fois depuis très longtemps, auront un avenir moins rose que celui des parents. Les intéressés en sont conscients: ils voient les prix de l’immobilier s’envoler, ils voient les taux de divorce augmenter, ils voient la fin de l’idylle sub-urbaine basée sur la voiture et sur la “auto-gerechte Stadt”.

Pour les prochaines générations, la perspective de travailler moins ne sera peut-être pas terrifiante – ce sera aussi une chance de faire autre chose: de consacrer plus de temps à ses enfants, de s’engager dans un club ou une association, de cultiver un jardin, de lire, de voyager, d’apprendre. Pour beaucoup de femmes et d’hommes, de décélérer et de réapprendre à vivre.

La troisième révolution industrielle s’accompagnera peut-être aussi d’un regain d’intérêt pour les professions du soin, pour les activités créatives et artistiques. Ce sont, après tout, celles qu’un robot ne saura jamais exécuter. Nous serions dès lors bien conseillés de mettre le paquet sur l’investissement financier et humain dans la culture, dans tous les sens du terme et sur tous les terrains (encouragement aux artistes, diffusion de leurs oeuvres, écoles, musées, théâtres, cinémas, urbanisme, loisirs, sports…)

  1. Globalisation

Comment réaliser, au niveau d’un pays, à plus forte raison un petit pays, les réformes proposées par l’auteur, sans nuire à sa compétitivité? Ceci pose la question des marges de manœuvre dans la discussion sur l’organisation du travail, et d’un choix de société.

Choix de société: le Luxembourg est à beaucoup d’égards un pays dirigé comme une entreprise. Certains (les patrons) diront que c’est une entreprise mal gérée, car dépensant trop d’argent (et la rhétorique basée sur le critère économique recettes-dépenses est significative), mais quand même: le Luxembourg veille à sa compétitivité et tente de se “vendre” comme lieu idéal de faire des affaires et de s’établir.

L’objectif avoué de cette politique est le maintien d’une croissance forte, elle-même justifiée par la création d’emplois, générateurs de recettes fiscales garantissant le maintien de notre modèle social. Cette politique n’a en soi rien de répréhensible, mais elle est en contradiction avec le modèle de société que J. Rifkin prédit pour une société post-TIR: il y aurait un “change of metrics” déclarait-il lors de la table-ronde suivant la présentation en novembre. La croissance ne se mesurera donc plus qu’en termes de points de PIB? Ce serait salutaire, car la croissance infinie n’existe probablement pas, d’une part. D’autre part, la croissance a aussi un coût. En termes environnementaux d’abord. Ensuite, notre pays ne sait plus faire face à l’explosion des prix immobiliers, résultat d’une politique peu volontariste de l’Etat et des communes face à une surchauffe sur le marché foncier. Pour beaucoup trop de familles, vivre à Luxembourg devient un luxe qui dépasse leur budget – elles n’ont d’autre choix que d’aller s’installer de l’autre côté de la frontière. Là où le marché atteint ses limites – trop de profit, trop peu d’offre face à une demande réelle, trop de désordre – la collectivité , l’Etat, la commune, doivent intervenir et réguler.

Sur tous ces aspects, ce n’est donc pas la fin de la politique qui s’annonce, mais au contraire son importance accrue, et la nécessité d’une politique informée, réfléchie, forte. Le défi pour la politique d’aujourd’hui et de demain, c’est de s’engager sur des terrains très spécialisés où il s’agit d’éviter le populisme et le simplisme. C’est aussi, pour chaque politique, de s’impliquer sur des champs nouveaux, de façon approfondie, d’apprendre sans cesse et par là d’être crédible dans le débat public. Les temps sont d’une complexité telle que les politiques devront être aussi des spécialistes à la hauteur des tendances nouvelles pour pouvoir agir consciemment, sérieusement et efficacement. Il y a beaucoup de gourous, beaucoup de technocrates, beaucoup de profiteurs aussi des développements nouveaux ; la politique, dépositaire du bien commun, doit veiller à assurer le bien-être de tous, et surtout des plus démunis de notre société. Donc ne pas laisser faire, mais participer activement à créer une société juste et prospère pour tous.


[1] L’intelligence artificielle et la robotisation, l’internet des choses, la numérisation, l’économie de plateforme, le blockchain.

[2] Auteure du rapport à la base de l’adoption d’une résolution avec recommandations législatives à la Commission du Parlement européen sur les aspects de droit civil liés à la robotique (adoptée le 16 février 2017) (2015/2103(INL)) :

http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=TA&language=EN&reference=P8-TA-2017-0051

A noter qu’une commission jointe de la commission économique et de la commission juridique discutera les conclusions du rapport et de la résolution sur la robotique avec Mme Delvaux, en présence des Ministres luxembourgeois de l’Economie et de la Justice, le 17 mars 2017.

[3] http://www.plattform-i40.de/I40/Navigation/DE/Industrie40/WasIndustrie40/was-ist-industrie-40.html :

Die Plattform Industrie 4.0

Die Plattform Industrie 4.0 verfolgt das übergeordnete Ziel, die internationale Spitzenposition Deutschlands in der produzierenden Industrie zu sichern und auszubauen. Sie will den anstehenden digitalen Strukturwandels vorantreiben und die dafür notwendigen einheitlichen und verlässlichen Rahmenbedingungen schaffen. Je mehr sich die Wirtschaft vernetzt, desto mehr Kooperation, Beteiligung und Koordination aller relevanten Akteure wird notwendig. Der Anspruch der Plattform ist es daher, im Dialog mit Unternehmen, Gewerkschaften, Wissenschaft und Politik ein einheitliches Gesamtverständnis von der Industrie 4.0 zu entwickeln. Handlungsempfehlungen für einen erfolgreichen Übergang zur Industrie 4.0 zu erarbeiten und anhand von Anwendungsbeispielen aufzuzeigen, wie die Digitalisierung der industriellen Produktion in Unternehmen erfolgreich umgesetzt wird.”

[4] J’avais renvoyé à l’exposé de Yvan Attou à la séance académique de la Chambre des salariés du 16 mars 2016, au cours de laquelle cet expert français avait esquissé les grandes lignes de la révolution éducative en cours:

– La relocalisation, la mondialisation menant à un retour au territoire;

– La fin d’une éducation monolithique, uniforme pour tout un pays, au profit d’un savoir local, différencié ;

– L’individualisation de l’enseignement;

– La numérisation, comme facteur de disruption, induisant des phénomènes comme les cours en ligne ;

– La «pédagogie inversée», impliquant la «classe- atelier», avec par exemple des podcasts et des débats en classe;

– La mise en concurrence des enseignants;

– L’externalisation de l’éducation et le risque d’abdication de l’école publique.

[5] FAZ “Wir schaffen uns ab”, Frank Rieger, 28.1.2016 – le “World Economic Forum” de Davos était cette année consacré à la robotisation : “Doch je weniger Menschen an der Wertschöpfung finanziell beteiligt sind, desto weniger können sie noch die Waren kaufen, welche die Maschinen produzieren. Gleichzeitig büßen sie die Möglichkeit zur gesellschaftliche Teilhabe ein. Sie verlieren kollektiv die Macht, ihre Interessen zu artikulieren und zu vertreten. Die Konzentration finanzieller Mittel in wenigen Händen ist schon heute auf einem atemberaubenden Niveau. Die Schere zwischen Unternehmensprofiten und Arbeitslöhnen geht seit der Jahrtausendwende scheinbar unaufhaltsam immer weiter auf.”

One thought on “Troisième révolution industrielle et futur du travail

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