Karin Schintgen, Directeur CSR accelerator BGL BNP Paribas lors de la rédaction de ce commentaire

IDEA a dressé un tableau sur la réalité de l’entrepreneuriat au Luxembourg et a mis en avant des recommandations politiques pour soutenir les startups. Alors que la création d’entreprise amène à des modèles économiques à divers niveaux de croissance, d’innovation et de créations d’emploi, chaque projet entrepreneurial a sa propre raison d’être.

La très petite entreprise ou le droit à l’initiative économique

Au Luxembourg plus de 15’000 personnes sont demandeurs d’emploi et plus de 20’000 personnes receveurs de RMG (avril 2017). Depuis 2015, le nombre de demandeurs de protection internationale a beaucoup augmenté. A ces groupes de population le marché de l’emploi n’est souvent pas accessible, faute de reconnaissance de qualification ou d’absence  de longue durée de l’emploi salarié. L’insertion dans le marché du travail par l’entrepreneuriat reste pour une partie une solution intéressante qui vaut un soutien. L’eco-système de la micro-entreprise a beaucoup évolué. Avec microlux il existe dorénavant un accompagnement et une institution de financement (pour des microcrédits jusqu’à 25’000€) pour des entrepreneurs sans accès au crédit bancaire traditionnel. La création  de la S.à.r.l. simplifiée  et la mise à disposition à  l’expertise entrepreneuriale à travers le one-stop-shop de la House of Entrepreneurship vient accélérer ce process. Néanmoins des barrières subsistent et la réinsertion dans le monde du travail par le salariat est souvent ouvertement préférée dans un pays avec un taux proche au plein emploi. L’insertion par la création d’entreprise reste un nice-to-have alors que les bienfaits sont énormes. Pour ne citer qu’un exemple : en France chez l’ADIE le taux d’insertion de personnes est de 84% et le nombre d’emploi créé est de 1,3 par microcrédit.

Au Luxembourg, pour faire évoluer l’environnement institutionnel de la microentreprise et mettre la création d’entreprise à la portée de ceux qui n’ont pas accès au crédit bancaire classique, une série de mesures pour alléger les charges administratives et financières du micro-entrepreneur devraient être mis en place, comme par exemple le maintien des  allocations sociales (chômage ou RMG) pendant les premiers mois afin de stabiliser la situation pendant la période de lancement de  l’établissement. La mise en place d’un statut d’auto-entrepreneur pourra cadrer un régime fiscal et social adapté à la micro-entreprise. Au Luxembourg, plus de 86% des entreprises sont des entreprises avec moins de 10 salariés et donc un  soutien au micro-entrepreneuriat peu coûteux – remplit une mission d’intérêt général en contribuant à la création d’emploi et aux besoins d’intégration.

Le jeune, l’employé ou le courage d’entreprendre

L’esprit d’entreprise se « cultive » très jeune et à tous les niveaux.

L’entrepreneuriat n’est toujours pas un choix de carrière commun au Luxembourg ou comparé à la moyenne européenne (56,9%) seulement 44,1% de résidents songent à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. A côtés d’initiatives louables, comme Jonk Entrepreneuren, la Jeune Chambre Economique ou les programmes startups de l’ambassade des Etats-Unis à Luxembourg, la summer school du lux future lab met l’accent depuis 6 ans sur cet esprit d’entreprise chez les jeunes de 16 à 18 ans en rappelant qu’ « A Luxembourg, on peut être autre chose que banquier, consultant ou fonctionnaire ! »

Le risk-taker ou l’innovateur de demain

En termes de supports aux startups l’écosystème est très réactif. Il pourrait l’être encore plus avec  un système fiscal mieux adapté aux besoins de ces autoentrepreneurs ou avec un système d’incitation fiscale à l’investissement dans ce même écosystème tel qu’il se pratique dans nos pays voisins.

Enfin, il faut absolument orienter davantage nos jeunes vers des filières scientifiques et mathématiques, car elles sont porteuses d’avenir.

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