Luxembourg

L’incertitude sur les marchés financiers et son impact sur le prolifique secteur des fonds d’investissement, a, entre autres, conduit la BCL à abaisser de 0,2% ses projections de croissance du PIB à 3,4% en 2016. En revanche, il progresserait de 4,2% en 2017 (4,6% selon le STATEC), soit +0,6% par rapport aux précédentes prévisions. La période de grâce se prolonge… un peu.

Le taux de chômage s’ancre à 6,5% en juin (exception faite des 6,6% d’avril). Pour 2016, la BCL se montre plus optimiste qu’auparavant en tablant sur un taux de 6,6%. Le nombre de demandeurs d’emplois a, quant à lui, reculé de 5,2% sur un an. Cette baisse bénéficie à toutes les catégories d’âge, particulièrement aux moins de 25 ans (-9,1%), mais est moins marquée pour les 50-59 ans. En revanche, le nombre de chômeurs inscrits depuis 24 mois et plus augmente (+1,6%).

Selon le STATEC, la croissance de l’emploi salarié reste soutenue – et enviable – mais pourrait s’infléchir sur la fin de l’année au vu de la progression ralentie de certains indicateurs, comme les offres d’emploi non satisfaites et le travail intérimaire.

Dans le projet de loi portant mise en œuvre de la réforme fiscale, la moins-value fiscale consécutive au changement des barèmes d’imposition des ménages est estimée à 170 millions d’euros pour 2017 puis à 230 millions d’euros, celle liée à la suppression de l’impôt d’équilibrage budgétaire temporaire à 110 millions d’euros annuels. Pour le STATEC, ces mesures augmenteront le revenu disponible des ménages (+1,2%). Cela bénéficierait à la consommation privée, à l’investissement et à l’emploi avec un effet « ambigu » sur le chômage » mais contribuerait à la dégradation du solde extérieur (-0,2%) comme budgétaire (-0,7%).

Zone euro

A 2,2% au premier trimestre 2016, le taux de croissance de la zone euro a dépassé (!) les prévisions du FMI. Au lendemain du « 23 juin », devenu le Brexit Day, il prévoit une poursuite de l’embellie sur l’année mais remonte la garde pour 2017 (-0,2%). En revanche, pour la Commission les taux de croissance pourraient être revus à la baisse dans un intervalle de 0,1 à 0,2% dès 2016 et de 0,2 à 0,4% en 2017.

En Espagne, le nombre de chômeurs a diminué de 11% sur un an et les prévisions de croissance pour 2016 ont été revues à la hausse à 2,9%. Mais si le Partido Popular est sorti renforcé des élections du 26 juin (33% des suffrages), Mariano Rajoy pourrait de nouveau se trouver paralysé par un Parlement fragmenté. Dans ce contexte, le pays comme son voisin portugais, échappera vraisemblablement à la sanction financière européenne pour déficits excessifs, bien que la suspension de certains fonds structurels soit encore à discuter et la consolidation budgétaire à accélérer.

La dette publique de la zone euro est en hausse à 91,7% au premier trimestre 2016. L’hétérogénéité règne avec des ratios allant de 9,6% pour l’Estonie et 21,8% pour le Luxembourg à 176,3% pour la Grèce et 135,4% pour l’Italie.

L’Irlande a de quoi faire r(o)ugir avec un PIB en croissance de 26% en 2015, qui s’explique par des éléments « exceptionnels » (localisation d’actifs financiers de multinationales, transferts de brevets, activités de leasing intégrées aux comptes nationaux, etc.) et une réduction consécutive de son ratio de dette d’environ 17%. Malgré ces données « miraculeuses », elle affiche un déficit d’emplois de 7,9% par rapport à fin 2007 – une donnée comparable à l’Espagne ou à la Grèce.

La BCE confirme le cap accommodant de sa politique monétaire en laissant ses taux d’intérêt directeurs inchangés, soutenant notamment l’amélioration des conditions de l’offre de crédit. Elle n’exclut pas de les abaisser même « bien au-delà de l’horizon fixé pour les achats nets d’actifs » (mars 2017) au vu des « incertitudes actuelles », notamment sur l’état du bilan et la capacité de résistance de certaines banques européennes. « Wait-and-see » après « Whatever it takes ».

Reste du monde

Compte tenu du Brexit et de l’incertitude économique, politique et institutionnelle qui en découle(ra), le FMI a révisé à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2016 et 2017 par rapport à celles d’avril. Si l’économie mondiale (-0,1% en 2017) et la zone euro (-0,2%) ne devraient in fine n’être impactées qu’à la marge, l’économie britannique, elle, pourrait céder près d’un point de croissance en 2017.

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