D’après Eurostat, le taux de chômage luxembourgeois était au mois de septembre 2015 de 5,8%, alors que l’ADEM faisait état d’un taux de 6,7%. Cet écart tient en ce qu’Eurostat utilise une définition du « chômeur » (au sens du Bureau International du Travail (BIT)) différente de celle de l’ADEM (au sens administratif).

A chaque organisme ses propres critères de définition

Au sens du BIT, un chômeur est une personne en âge de travailler [de 15 ans à 74 ans], sans travail, disponible pour commencer à travailler dans les deux semaines, et activement à la recherche d’un travail.
S’agissant de la définition administrative, un chômeur est, au Luxembourg, un demandeur d’emploi résident disponible c’est-à-dire : « une personne sans emploi résidant sur le territoire national, à la recherche d’un emploi approprié, non affectée à une mesure pour l’emploi, indemnisée ou non, ayant suivi les obligations de suivi de l’ADEM et qui, à la date du relevé statistique, n’est ni en congé de maladie depuis plus de 7 jours, ni en congé de maternité ».

Des méthodes de comptabilisation qui diffèrent

Les écarts qui peuvent exister entre les taux de chômage au sens du BIT (Eurostat) et au sens administratif (ADEM) résultent ainsi de différences liées à la méthodologie (enquête pour Eurostat, source administrative pour l’ADEM), de ce que certaines personnes non inscrites à l’ADEM (parce qu’elles ne voient pas l’intérêt de le faire) sont considérées comme des chômeurs au sens du BIT, ou parce que d’autres, bien qu’inscrites à l’ADEM, ne répondent pas aux critères du BIT (critères de disponibilité et de recherche active d’un emploi, par exemple).

And the winner is ?

Il n’y a pas, cependant, parmi les deux mesures, une qui soit meilleure que l’autre. La mesure au sens du BIT est indispensable pour les comparaisons internationales (mais n’est que très peu pertinente sous l’angle des politiques publiques en faveur de l’emploi) ; à l’opposé, la mesure au sens de l’ADEM, quoique très sensible aux décisions administratives (changements de législation, durcissement des contrôles, volontarisme sur les mesures pour l’emploi, facilitation des préretraites, etc), s’avère nécessaire pour apprécier les résultats de la politique du service public de l’emploi. Tels Picasso et Braque en leur temps, les deux mesures se complètent.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *