« L’inflation devrait avoisiner les 2,5% cette année et l’année prochaine » pouvait-on lire dans la Note de conjoncture publiée par le STATEC au mois de décembre 2021.

L’invasion militaire de l’Ukraine par la Russie est venue percuter cette perspective et a fait de 2022 une année – de « crise énergétique » et de « guerre au voisinage de l’UE » – (monétairement) exceptionnelle :

– L’inflation a atteint certains mois jusqu’à 10% dans la zone euro (des niveaux inconnus depuis la création de la monnaie unique)

– La BCE a « normalisé » sa politique monétaire jusqu’à ramener son principal taux directeur à 2,5% (un niveau qu’il n’avait pas connu depuis 2008)

– Les conditions de financement ont été resserrées (taux de crédits bancaires et taux souverains en nette hausse).

Le  retour de l’inflation (après plus d’une décennie de grande modération de l’évolution des prix) et les craintes de ses effets (sur le pouvoir d’achat des ménages, sur la capacité de production des entreprises, sur la valeur des actifs) ont conduit les gouvernements à réactiver le « quoi qu’il en coûte » et à s’adonner, après le « socialisme pandémique », au « socialisme énergétique ». Le Luxembourg n’a pas fait exception et a vu se succéder Energiedësch, Solidaritéitspak, Solidaritéitspak 2.0 qui pourraient coûter aux finances publiques jusqu’à 2 milliards d’euros.  

Au moment de tirer un premier bilan de l’année écoulée, il semble, tout compte fait, que le Grand-Duché a moins souffert de la (drôle de) crise énergético-économico-inflationniste de 2022 que ce qui a été parfois redouté :

– Le taux d’inflation annuel été plus faible dans le pays (6,2%) qu’en zone euro (8,4%)

– L’acquis de croissance au 3ème trimestre s’élève à 2,2%

– L’emploi a progressé de plus de 3%

– Le taux de chômage s’établit – sur l’année – à 4,8% en moyenne

– Le taux d’emplois vacants est demeuré élevé

– Le nombre de faillites prononcées en 2022 (1.050) s’inscrit en baisse par rapport à 2021 (1.160).

2023 ne s’annonce pas pour autant sous les meilleurs auspices – et ce n’est pas être un pessimiste professionnel que de le penser.

Le secteur de la construction (15% des emplois avec les effets indirects et induits, 40% des intérimaires) ressort comme étant à l’avant-garde des potentielles difficultés que pourrait devoir affronter l’économie luxembourgeoise cette année. Après avoir connu – dans le contexte de la pandémie – des contraintes d’offre, il est confronté – à cause de l’envolée des prix immobiliers combinée à la forte hausse des taux hypothécaires – à une moindre demande (en dépit d’importants besoins en logements) … qui assombrit les perspectives d’activité du secteur (et donc pèse sur l’offre) et contribue à miner la confiance des acteurs intervenant sur le marché immobilier.

Taux d’intérêt élevés, coûts en hausse, conditions plus strictes d’accès au crédit, inflation encore importante, épargne de précaution et autres (craintes des) conséquences économiques de la guerre pourraient rythmer l’année 2023 ; si tel devrait être le cas, l’activité risque de manquer d’énergie et les agents économiques de confiance.

Mais tout comme en décembre 2021 même de bons observateurs ne savaient pas de quoi l’année 2022 serait faite, il en est – en vérité – de même en ce moment au sujet de l’année 2023. Peut-être que la guerre trouvera un dénouement moins tragique que généralement attendu, peut-être que la réouverture de l’économie chinoise constituera un choc d’offre positif pour l’économie mondiale, peut-être que l’inflation sera en net repli, peut-être qu’il y aura une décrue des taux d’intérêt … et peut-être que les campagnes électorales contribueront à « doper » la confiance et parviendront, sans minimiser les nombreux défis, à ré-enchanter l’avenir !

One thought on “De l’incertitude (encore !)

  1. Et bien 2022 a un résultat de 20% supplémentaire sur ma deuxième partie commerciale. «  Le vin luxembourgeois. »

    Mais c’est dû à un travail intensif pour promouvoir les produits en magasins.

    Une grande faillite dans la partie immobilière est entrain de s’annoncer.
    Certains acteurs n’arrivent plus à tenir.

    Depuis qu’on a arrêté les restrictions les possibilités de développer ont été libérées.

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