Comme le soulignait le STATEC dans une remarquable étude[1], « en se penchant de plus près sur les chiffres et leur évolution, le phénomène du chômage des jeunes s’avère […] complexe ». Ainsi, si le taux de chômage des 15-24 ans était au Luxembourg de 18,5% en août 2015[2], il est pour le moins « hasardeux » d’en conclure que les jeunes y sont « particulièrement » mal lotis, et faux de dire que près d’un jeune sur cinq est au chômage au Grand-duché. Certes, le taux de chômage des jeunes est près de 4 fois plus élevé au Luxembourg que celui des adultes (25-64 ans) – contre 2 fois en moyenne dans la zone euro – mais ce chiffre ne permet pas d’apprécier « réellement » la situation des jeunes au regard de l’emploi.

Le taux de chômage des jeunes, ne concerne, par définition, que les jeunes « actifs ». Puisque le taux d’activité[3] des jeunes est au Luxembourg particulièrement faible (26%), ce ne sont pas 22% des jeunes qui sont chômeurs, mais (seulement) 22% des 26% de jeunes « actifs », soit environ 6% des jeunes. Par ailleurs, avec la généralisation tardive des études secondaires et supérieures, et parce que cumul travail-emploi (y compris les formations en alternance) est très peu développé au Luxembourg, les étudiants ne font pas partie de la population active, si bien que les non qualifiés y sont surreprésentés.

En définitive, les « jeunes au chômage » au Luxembourg sont donc principalement des jeunes non qualifiés et/ou en situation d’échec ou de décrochage scolaires, et pas très nombreux. La part des jeunes dans le total des inscrits à l’ADEM ne représente d’ailleurs que 11% (sur les 8 premiers mois de l’année), et les jeunes n’ont compté que pour 5% dans la hausse du nombre de chômeurs au Luxembourg depuis la crise.

 Répartition des chômeurs en fonction de l’âge

âge chômeurs
Source : STATEC

Ps : Il ne peut toutefois être exclu que certains jeunes ne sont pas dans les statistiques car non inscrits à l’ADEM (l’un des objectifs de la Garantie pour la jeunesse est d’ailleurs « d’activer » ces jeunes ni en emploi, ni en éducation, ni en formation et éloignés du marché du travail).


[1]http://www.statistiques.public.lu/catalogue-publications/regards/2013/PDF-21-2013.pdf http://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/7012756/3-30092015-AP-FR.pdf/be4fd6a4-37c2-4fbf-90d7-c30eab0ced98

[2]Selon la définition BIT du chômage.

[3]Le taux d’activité est le rapport entre le nombre d’actifs (actifs occupés et chômeurs) et l’ensemble de la population correspondante.

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