Luxembourg

  • Le chômage reste élevé selon les normes luxo-luxembourgeoises (17 040 chômeurs, taux de chômage à 6,6%). Néanmoins, entre avril 2015 et avril 2016, le nombre de demandeurs d’emploi a baissé de 3,9%. Parallèlement, le rythme de créations d’emploi est toujours soutenu (+2,9%, soit +11.500 postes entre avril 2015 et avril 2016).
  • Côté finances publiques, l’annonce du gouvernement (PSC), d’une baisse de l’objectif budgétaire à moyen terme (OMT) vers un solde négatif (-0,5%) n’est pas passée inaperçue, alors que dans son tout récent rapport « au titre del’Article IV », le FMI conseille au gouvernement de se garder « une poire pour la soif ». La (généreuse) réforme fiscale ajoute de l’eau au moulin des critiques contre ce relâchement budgétaire, et ce d’autant plus que la baisse de l’OMT repose sur l’hypothèse d’un doublement de la population d’ici 2060 (et conduira accessoirement à ce que la dette publique tende vers 60% du PIB). Dès 2020, la dette pourrait atteindre 16 milliards d’euros, soit une hausse de 47% depuis 2013.
  • Une surveillance accrue des finances publiques ne doit pas occulter les besoins en investissement du pays. D’après les derniers chiffres disponibles, l’intensité en termes d’investissement reculerait de 4,2% du PIB en 2016 à 3,4% en 2020 (PSC). Est-ce suffisant pour préparer les infrastructures nécessaires dans la perspective du choc démographique envisagé ? Par ailleurs, 11,2 milliards d’euros ont été approuvés au titre du FEIS à l’échelle européenne (le fameux « plan Juncker »). Mais à ce jour, le Luxembourg n’a pas émargé à ce fonds… faute de projet potentiellement co-finançable identifié.

Zone euro

  • Dans ses prévisions printanières la Commission européenne a légèrement réduit la voilure, tablant sur une croissance en zone euro de 1,6% en 2016 et de 1,8% en 2017 (contre 1,7% et 1,9% dans les prévisions hivernales). Au-delà des incertitudes économiques, le tumulte politique s’affermit avec des Français (vent) debout contre la loi Travail, des Autrichiens divisés, « verts » à 50,3%, ou des Indignados espagnols célébrant les 5 ans de leur mouvement dans un pays qui revotera le 26 juin, après la dissolution du Parlement, faute d’accord sur la formation d’un nouveau Gouvernement.
  • Si l’Espagne se porte mieux, ses « déficits excessifs » (5,1% en 2015 et 3,9% en 2016) auraient pu lui valoir une sanction au titre du « volet correctif » du Pacte de stabilité et de croissance (jusqu’à un très hypothétique 0,2% du PIB).
  • Mais comme le Portugal (4,4% et 2,7%), elle a finalement obtenu un sursis. L’Italie, qui a porté son objectif de déficit de 1,8% à 2,3% du PIB pour 2016, s’est, elle, vue accorder une flexibilité budgétaire accrue. A l’inverse, la Slovénie et Chypre pourraient sortir des radars de surveillance.
  • En Grèce, si la baisse spectaculaire de 90% du nombre de migrants illégaux en avril peut soulager le tourisme, le PIB a reculé de 0,4% au 1er trimestre 2016 selon Elstat. Les 2,7% de croissance prévus pour 2017 semblent loin, malgré les efforts consentis. Ainsi la Vouli (Parlement) ayant bien voulu des nouvelles réformes (retraites, impôts, mécanisme de correction automatique en cas de dérapage budgétaire, privatisations, etc.), l’Eurogroupe a approuvé le déblocage d’une seconde tranche d’aide de 10,3 mds € (dont le premier versement de 7,5 mds € interviendrait en juin) et acté un paquet de mesures additionnelles sur la dette (ratio le plus élevé de la zone, à 182,8% du PIB), à implémenter progressivement, qui pourrait mettre fin à la controverse entre les « Institutions ».

Reste du monde

  • Au Brésil, les Jeux sont faits. Dilma Roussef provisoirement évincée, le Temer(aire) Michel semble opérer un virage résolument libéral, en renforçant les secteurs financiers et les milieux d’affaires au détriment de politiques redistributives (marque de fabrique de ses prédécesseurs). S’ajoutent les tensions économiques et sociales liées aux finances dégradées de l’Etat de Rio et la crédibilité sapée de la Banque centrale du Brésil. Avec une nouvelle récession annoncée pour 2016, le «pont (vers le futur)» (programme économique adopté par Temer) n’a jamais semblé aussi long.
  • Même si le pire n’est jamais certain, la situation du Venezuela, l’un des plus gros producteurs de pétrole au monde, est à mettre à la colonne des (grandes) inquiétudes. À la situation économique chaotique (effondrement des revenus pétroliers, hyperinflation, effondrement de la monnaie, pénuries en tout genre), qui pourrait même avoir des conséquences sanitaires, s’est naturellement greffée une crise politique majeure (état d’urgence économique doublé d’un « état d’exception » remettant l’armée au cœur de la gestion du pays). La mobilisation pour tenter une procédure de révocation du Président Maduro par référendum s’intensifie.

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