Nicolas Schmit est Ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire depuis décembre 2013.

L’étude Rifkin prévoit une série de pistes pour l’avenir du travail au Luxembourg, le télétravail en est une. Pour un nombre croissant de salariés, la pratique du télétravail constitue déjà aujourd’hui une réalité. Le Luxembourg fait d’ailleurs partie des pays où le télétravail est le plus répandu, selon la sixième enquête européenne sur les conditions de travail publiée par Eurofound.

Selon cette même étude le télétravail n’est pratiqué que par 3% des employés au niveau européen (EU 28) et ceci essentiellement dans le secteur des services financiers. Les professions les plus hautement qualifiées et aux exigences de travail les plus importantes sont aussi celles qui sont le plus concernées par le télétravail.

Au Luxembourg et selon l’enquête sur les forces de travail (EFT) réalisée par le STATEC, la pratique du télétravail est en forte augmentation. En 2010, 3% des résidents actifs ont pratiqué le télétravail (au moins 8h par semaine) alors qu’en 2015 ils représentent 6,1%.

Tableau Télétravail

L’augmentation de la pratique du télétravail semble ainsi démontrer que le cadre général fixé dans la convention conclue entre L’UEL d’une part, et les syndicats OGB.L et LCGB d’autre part et déclarée d’obligation générale par un règlement grand-ducal du 15 mars 2016, fournit un cadre favorisant le développement du télétravail. Néanmoins force est de constater, qu’aujourd’hui les principaux freins sont les différentes règles qui s’appliquent aux travailleurs frontaliers en matière de fiscalité et de sécurité sociale. Le télétravailleur frontalier relève ainsi à partir d’un certain seuil d’heures qu’il travaille de son pays de résidence de ce pays du point de vue fiscal et de la sécurité sociale. Ceci rend la pratique du télétravail moins intéressante pour le salarié tout comme pour l’employeur. Ceci montre que les frontières existent encore bel et bien dans l’UE.

C’est un sujet qui devra être abordé au niveau des discussions bilatérales, notamment avec la France, comme presque la moitié des frontaliers sont des résidents français. Il a été décidé lors de la dernière réunion des gouvernements français et luxembourgeois de mettre en place un groupe de travail avec la mission de trouver des solutions aux problèmes qui entravent le développement du télétravail.

En même temps, le télétravail semble déjà quelque peu dépassé par le progrès technologique qui permet de travailler de manière nomade de partout et pas uniquement d’un poste de télétravail désigné. Ceci fait partie de la transformation des formes de travail par les nouvelles possibilités du numérique, comme par exemple le travail sur les plates-formes. Ces questions-là devront faire partie des discussions avec les partenaires sociaux qui seront engagées en 2017.

One thought on “Télétravail : le point de vue du Ministre Nicolas Schmit

  1. Merci Mr Schmidt pour cette prise d’opinion qui démontre que le Luxembourg dans sa gestion gouvernementale, est ouvert à la généralisation du télétravail pour aller dans le sens d’une évolution naturelle à la fois de l’économie et de l’écologie.
    Cela offrirait également une plus grande satisfaction des employés y trouvant un meilleur équilibre vie-pro/vie-perso, et donc diminuerait aussi peut-être les derniers chiffres de l’étude récente du cabinet P’OP sur le TurnOver énorme (>50%) des jeunes cadres de moins de 30ans…
    En tout cas il est clair que les chiffres du STATEC malgré cette nette augmentation, sont encore avec un taux autour de 6% très très faible, voir négligeable.
    Il est temps que le Luxembourg arrête ses pratiques conservatistes du travail “à l’ancienne” (n’en déplaise à certains patrons OldSchool), et s’adapte dans le marché global qu’offre la concurrence internationale, avec plus de flexibilité, d’agilité, et de modernisme.
    Travaillant dans les TIC, je peux affirmer qu’aujourd’hui (et surtout sur un territoire comme le Luxembourg doté de superbes infrastructures télécoms et réseaux), il n’y a plus de raisons bloquantes techniquement à opérer du travail à distance et ce bien au delà de juste lire ses mails (Voix sur IP, VidéoConférence, plateformesde collaboration, etc…).
    Les derniers points bloquants restant à mes yeux sont: le refus d’ouverture de la fiscalité du travail ; et le lobby du RealEstate qui poussent les entreprises a toujours plus centraliser leurs bureaux dans de nouveaux grands bâtiments et ce paradoxalement dans des zones déjà surchargées (Kirchberg, Centre, Leudelange, etc..; comme cela on maintient les prix du m2 hauts)
    C’est pourquoi en attendant de futurs accords européens, et une pression moins forte de l’immobilier si un jour je l’espère sa bulle spéculative explose, je propose une alternative pouvant résoudre les deux aspects.
    L’état pourrait lancer un plan d’aménagement du territoire le long des frontières pour y créer des sortes de “zones franches”, afin de développer un peu l’économie dans les zones plus rurales, et d’inciter les entreprises à y établir leur “Virtual Offices” ou plutôt leur “Extended Offices” par le biais des technologies TIC de virtualisation de réseau (VPN et autres) dans des espaces qui pourraient être partagés par plusieurs sociétés dans un esprit de “co-working relais” diminuant ainsi les couts pour tous.
    Pour ne pas vexer ces messieurs du RealEstate, les sièges centraux resteraient bien sur en place (juste de moindre taille), afin de réunir tous les employés en journée traditionnelle, mais plutôt de 10h à 15h.
    Les points “relais” assurant la disponibilité de travail aux premières et dernières heures de travail, pour autant que l”employeur n’opte pas directement pour des contrats à horaires flexibles et variables (autre option à proposer en complément et non à la place du télétravail).
    Ainsi comme le travail resterait sur le territoire, nous serions parfaitement en respect du droit fiscal de nos voisins, et de plus sans aucun stress ni souci quant à la crainte de “fuite” de données au delà du Luxembourg dans le respect des règles de la CSSF; perso je ne pense pas que ce sont ces règles qui empêchent les Luxleaks ou autre scandale, et malgré que je travaille dans l’IT je suis pour et soutien l’initiative du gouvernement d’alléger la réglementation visant à ouvrir (voir lever) les statuts PSF qui n’ont fait que de créer des emplois artificiels et freiner le dynamisme technologique laissant les acteurs internationaux prendre de l’avance avec notamment l’ensemble des technologies Cloud existant sur le marché.
    A nous de construire nos propres Cloud et de les promouvoir sur non pas un marché de 500000 clients potentiels de Luxembourg, mais 500Millions au niveau européen!
    A nouveau nous avons les meilleurs datacentres d’Europe, les meilleurs lignes et couverture de distribution haut-débit. Transformons ce potentiel dans cette logique TIR en ciblant toutes les nouvelles opportunités de croissance permettant de préparer la transition du business bancaire qui ne pourra certainement plus être la manne d’antan et se tarira un jour…
    En conclusion, OUI au télétravail, OUI aux horaires flexibles, NON aux heures perdues dans le trafic, NON a la pollution, NON aux lobby de l’immobilier et des parkings !
    Please Luxembourg, let’s make it happen !;-)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *