Dans un précédent blog, nous évoquions notre échange autour de l’idée du mois consacrée à la financial literacy avec plusieurs organisations de jeunesse du Luxembourg. Mais nous ne nous sommes pas arrêtés en si bon chemin… La vision de l’avenir du pays par c(s)es jeunes a également été recueillie. Nous vous en livrons ici un aperçu.

Les participants (CSJ, Déi jonk gréng, JDL, JSL, JEL) ont ainsi été invités à prioriser 5 thèmes sur lesquels IDEA planchera cette année, en fonction de leur degré d’importance pour le développement du Luxembourg. De la compétitivité, au logement en passant par la pauvreté, la santé et la sécurité ou encore la fiscalité, le champ des possibles était large et les chantiers identifiés nombreux.

Classement des priorités parmi les 5 thèmes proposés par IDEA

Organisation Top 3 des priorités (par ordre d’importance)
Chrëschtlech-Sozial Jugend (CSJ) Logement/Pauvreté/Compétitivité
Déi jonk gréng (DJG) Pauvreté/Logement/Santé et sécurité
Jeunesse Démocrate et Libérale (JDL) Logement/Compétitivité/ Pauvreté
Jonk Entrepreneuren Lëtzeburg (JEL) Logement/Compétitivité
Jonk Sozialiste Lëtzeburg (JSL) Logement/Santé et sécurité/Pauvreté

Sans (véritable) surprise, le logement s’est imposé comme le défi prioritaire pour 4 des 5 organisations présentes (CSJ, JDL, JEL, JSL). Déi jonk gréng, eux, ont ont placé la pauvreté au sommet des priorités, le logement arrivant second. Les propositions avancées par les participants ont toutes convergé vers la nécessité de le rendre plus abordable.

Au-delà de ce « classement », la discussion a permis de capter le regard affûté de jeunes Luxembourgeois sur les défis à relever et les espoirs qu’ils nourrissent pour l’avenir du Luxembourg.

Ainsi, Estelle Malané (JDL) a évoqué la richesse de la multiculturalité et du dialogue interculturel sans sous estimer les enjeux de la migration et de l’intégration, comme celui d’accorder les mêmes chances de départ à tous. Le développement de la place financière et la nécessité d’assurer le développement plus durable et plus stable de l’économie ont aussi été abordés.

Gina Arvai (Déi jonk gréng), après avoir mentionné le Nowuesspak de son parti (mobilité, logement, referendum et sharing economy) a avancé de nombreuses propositions pour relever le défi du logement : d’un plus grand nombre de logements sociaux, aux coopératives d’habitation en passant par un cadre réglementaire pour la colocation. Puis, elle a proposé de « new economics foundations » dont le projet phare serait la réduction des heures de travail (21 heures hebdomadaires par exemple). Le maintien du niveau de protection (Déi jonk gréng) et de cohésion sociales (JSL) a également été mis en avant.

Les deux organisations se sont également retrouvées sur le thème d’une diversification économique plus verte. Pour ce faire, Paul Matzet (Déi jonk gréng) a proposé une revalorisation du statut des artisans et une transition vers une agriculture et une consommation biologiques et locales. Elisabeth Margue (CSJ) a, elle aussi, mis en avant le développement durable, dans son acception la plus large, valorisant le maintien des acquis pour les générations futures donc l’enjeu de la soutenabilité des finances publiques (réduction de la dette et financement des pensions), la nécessité de suivre de près le processus de digitalisation (défis et opportunités), la lutte contre le chômage des jeunes, ou encore le changement climatique.

Pour aborder ces transformations, Estelle Malané (JDL) estime que l’éducation doit être un chantier prioritaire au Luxembourg. De même, pour Nelson Fragoso (JEL), l’adaptation de la société, et particulièrement du cadre scolaire, aux réalités socio-économiques, aux nouvelles technologies et aux métiers de demain est une priorité. De même pour Paul Matzet (Déi jonk gréng), qui appelle à moins focaliser sur les connaissances brutes et plus sur la manière de les (re)trouver ou sur le développement de l’esprit critique.

Enfin, pour Nelson Fragoso (JEL), promouvoir l’esprit d’entreprise et de création auprès des jeunes, et développer un environnement propice pour les start-ups, pour Elisabeth Margue, sont indispensables à l’essor du pays.

Cette rencontre a trouvé un écho favorable dans le « Rapport national sur la situation de la jeunesse au Luxembourg en 2015 », rédigé par la Faculté des Lettres, des Sciences Humaines, des Arts et des Sciences de l’Éducation de l’Université de Luxembourg et remis au ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch, le 3 février dernier. Il met notamment en exergue la difficulté des jeunes à trouver un logement – l’offre sur le marché luxembourgeois étant restreinte, et, souvent, coûteuse pour un jeune actif.

Selon Albert Einstein, « un problème sans solution est un problème mal posé ». Les échanges vont donc se poursuivre pour tenter d’apporter des réponses plurielles à ces problématiques concrètes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *