En plus de ceux – actifs – qui ne travaillent pas (les chômeurs), il y a certains individus qui se trouvent au « voisinage » du chômage. Il s’agit d’individus en marge de l’emploi (avec une activité réduite mais qui « souhaiteraient » travailler davantage), découragés par la recherche d’emploi (mais qui désirent quand même (re)travailler), ou qui sont à la recherche d’un emploi sans être immédiatement disponibles. Si ces personnes ne sont pas « officiellement » des chômeurs, elles se retrouvent, sans que ce ne soit leur souhait premier, dans une situation où leur durée d’activité est très inférieure à la durée légale du travail (situation de sous-emploi), voire dans l’inactivité mais tout en étant proches du marché du travail (halo du chômage)[1]. Ces situations correspondent à une sous-utilisation de la main d’œuvre disponible, et peuvent avoir des conséquences indésirables en termes de croissance potentielle et de conditions de vie (travailleurs pauvres, forte dépendance aux transferts sociaux, difficulté d’accès au logement, éloignement du marché « normal » du travail, etc.). « Suivre » cette population (en plus des chômeurs) peut donc s’avérer utile dans une logique d’utilisation « optimale » de la force de travail et de lutte contre la précarité.

Eurostat a développé trois indicateurs qui permettent d’apprécier cette « réserve » d’offre de travail constituée de personnes en sous-emploi, ou en « halo du chômage » (à mi-chemin entre les inactifs et les chômeurs au sens du BIT) :

  1. Les personnes ayant un emploi à temps partiel et qui souhaitent travailler davantage (personnes en sous-emploi) ;
  2. les personnes à la recherche d’un emploi, mais qui ne sont pas immédiatement disponibles (étudiants, chômeurs en formation ou parents de jeunes enfants, etc.) ;
  3. les personnes disponibles pour travailler, mais qui ne sont pas à la recherche d’un emploi (chômeurs découragés, étudiants, retraités, travailleurs domestiques, etc.).

Représentation du sous-emploi et du halo du chômage

graph sous emploi halo

 D’après les statistiques d’Eurostat, 4.800 personnes étaient en sous-emploi (cas A supra) au Luxembourg en 2014 ; cela représente 1,8% de la population active, soit l’un des taux les plus faibles dans la zone euro. Il y aurait par ailleurs 1.900 personnes à la recherche d’un emploi mais pas immédiatement disponibles, et 15.000 personnes disponibles pour travailler mais ne recherchant pas un emploi ; soit 16.900 personnes dans le « halo du chômage » (alors que le Luxembourg compte 15.300 chômeurs au sens du BIT); cela représente 6% de la population active augmentée[2], un des taux les plus élevés en Europe. Ce chiffre, très important, est cependant à manier avec prudence dans la mesure où le « halo du chômage » est un groupe très hétérogène constitué d’étudiants, de seniors souhaitant cumuler pension de vieillesse et activité professionnelle, de personnes sans emploi mais qui n’en recherchent pas pour des raisons de santé, de parents au foyer, etc.

Nombre de personnes dans le sous-emploi et le « halo du chômage » (X 1.000)

sous emploi et halo du chômageSource: Eurostat

 


[1] Il s’agit des personnes qui souhaitent travailler mais qui ne sont pas disponibles dans les deux semaines, ou n’ont pas effectué de démarche active de recherche d’emploi.

[2] La population active augmentée correspond à la population active augmentée du halo du chômage.

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